5 jours sur la mystérieuse île de Pâques

Chargée d’histoires et véritable musée a ciel ouvert, l’île de Pâques (Rapa Nui de son vrai nom) nous attendait isolée au milieu de l’océan Pacifique, ses statues monumentales veillant patiemment sur elle. Cette destination était parfaite pour clore notre périple en Amérique du Sud et commencer celui qui nous mènera ensuite en Australie: elle appartient en effet au Chili mais se trouve être la plus orientale de toutes les îles d’Océanie.

L’île tire son nom de sa découverte le jour de Pâques par un navigateur néerlandais au 18eme siècle. Annexée par l’Espagne qui s’en désintéressa rapidement, puis la France, elle devînt Chilienne en 1888. Le drame de l’île réside dans la disparition de sa culture, principalement orale, due au rapt de la quasi totalité de sa population pour le compte du Pérou et de ses marchants d’esclaves. Les rares détenteurs du savoir restants auraient alors péri à cause des maladies introduites par les « explorateurs » européens. On estime que la population serait passée de 2500 à environ 100 personnes au cours de l’année 1877!

La beauté de Rapa Nui est due non seulement à ses terres verdoyantes et sauvages mais principalement à ses énigmatiques Moaïs, ces statues de basalte pouvant atteindre 12m de haut pour 75 tonnes! (le plus grand Moaï jamais taillé gît toujours dans la carrière d’un volcan et aurait mesuré 21m pour un poids estimé de 270 tonnes…). Le mystère, longtemps inexpliqué, autour du déplacement des statues tout autour de l’île depuis l’unique carrière sur les flancs du volcan Rano Raraku, était dû au fait que l’île ne comporte aujourd’hui quasiment aucun arbre. Or on s’est aperçu qu’elle fut bel et bien boisée, et depuis, de nombreuses théories sur le déplacement des moaïs ont vu le jour. La disparition des arbres est elle aussi sujette à plusieurs théories. La principale prétend que ce sont les habitants eux-mêmes qui auraient été irresponsables: les rivalités entre les tribus (comme les célèbres « longues oreilles », tatouées et adeptes des modifications corporelles, dont les moaïs sont les plus connus) auraient poussé chaque clan de l’île à ériger des statues toujours plus hautes et majestueuses, représentant des ancêtres divinisés. Le transport des statues des carrières de pierre aux côtes de l’île aurait exigé énormément de bois. D’où une déforestation systématique ayant entraîné la disparition des principales ressources de l’île.

Notre exploration le premier jour a commencé avec Hanga Roa, l’unique village de l’île, et le dépaysement a été total. Bien loin de ce que l’on imaginait, Rapa Nui a été et est toujours fortement influencé par la culture Polynésienne. A la sortie de l’aéroport, on a d’ailleurs eu droit à une danse polynésienne d’accueil avec colliers de fleurs etc… et les petites boutiques de l’île ne vendent que des paréos, du monoï et de belles perles venant de Tahiti!! ;)

Notre première rencontre avec les statues géantes s’est faite sur la plage, juste à côté du petit port au centre du village. Ici reposent 2 Moaïs, restaurés et disposés sur des socles le long de la promenade. Les visages sont impressionnants mais bien moins que ceux présents juste derrière, sur l’ahu Tahai, où nous décidons d’aller voir le coucher de soleil (un « ahu » désigne le site où sont érigées les statues). Celui-ci est superbe, entièrement restauré, et le spectacle magique. C’est aussi ici que nous verront le Moaï reconstitué comme à l’origine avec ses yeux en corail et tuf rouge pour les iris. Juste à côté se trouve un superbe cimetière surplombant la mer.
 
 


 
Pour notre première visite de l’île, c’est à pied que nous montons voir le volcan Rano Kau au sud ouest de Rapa Nui et son magnifique cratère, ainsi que le site d’Orongo sur le flanc ouest du volcan qui était un ancien centre cérémoniel pascuan (le fameux culte de l’homme-oiseau, ici pour les curieux).
 
 

 
La journée suivante a consisté à nous épuiser littéralement à vélos autour de l’île sur un circuit qu’on pensait beaucoup, beaucoup, beaucoup moins long et fatiguant qu’il ne l’était en réalité :)
Mais cette « balade » nous a permis de nous perdre dans l’île, de voir des paysages somptueux, des plaines verdoyantes peuplées de chevaux sauvages, de découvrir des sites superbes, notamment les caves où vivaient certaines tribus, la petite carrière de tuf où étaient taillés les coiffes des Moaïs, ou encore l’ahu A Kivi, le seul site de l’île comportant des Moaïs tournés vers la mer et non vers l’intérieur des terres.
 
 

 
On a ensuite traversé l’île en bus pour découvrir la gigantesque carrière où les corps des statues étaient taillés puis le célèbre site de Tongariki et ses 15 Moaïs entièrement restaurés (merci les japonais!). Et pour finir, un petit tour sur l’unique plage paradisiaque de l’île où un arrêt baignade était incontournable, avant de rentrer sous la pluie jusqu’à notre auberge.
 
 

 
Beaucoup de locaux nous avait conseillés, pour apprécier au mieux l’île, de retourner aux mêmes endroits à différents moments de la journée afin de savourer les nuances de lumières, d’atmosphères.
Nous décidons donc de retourner sur le site de Tongariki considéré comme le plus bel endroit sur Rapa Nui pour assister au majestueux spectacle du lever du soleil.
Debouts avant l’aube (c’est mieux pour voir le lever du soleil!), c’est en quad cette fois que nous filons de l’autre côté de l’île! Après une bonne demi-heure de quad, seuls au monde, nous arrivons sur le site vers 6h et là, après quelques minutes d’attente, le soleil commence à se lever… Le spectacle est à couper le souffle! Nous sommes perdus au milieu de l’océan Pacifique, face au souvenir d’une civilisation disparue, il n’y a aucun bruit, juste nous et le silence pour admirer un des moments les plus intenses en émotions de notre voyage.

Au retour, on profite de notre super moyen de locomotion pour visiter tous les petits sites le long de la côte sud. Malheureusement ceux-ci sont pour la plupart en très mauvais états.
Il faut savoir que la plupart des Moaïs debouts le sont après rénovation. La quasi totalité des statues présentes sur les différents ahus de l’île sont effondrées à terre, ou carrément disloquées et brisées parmi les débris des sites.
 
 


 
On gardera de l’île le souvenir magique d’un lieu où nous avons vu des levers et couchers de soleil incroyables et des sites tous plus impressionnants les uns que les autres!

2 Responses to “ 5 jours sur la mystérieuse île de Pâques ”

  1. merci pour votre carte du bout du monde.bonne et heureuse année.
    félicitation,vous avez beaucoup de courage mais vous n’oublierez jamais ce magnifique séjour
    bonne continuation et à la prochaine étape
    Bisous.

  2. Régine et François

    On aurait aimé y être, quelle merveille ! Mais bon on a de la chance, à Paris il fait zéro
    Degré, on profite des gelées du matin ! Bisou à tous les deux.

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