Lettre à Valparaiso

Chère Valparaiso, ou Valpo comme tout le monde t’appelle ici.

C’est aujourd’hui l’heure de nos au revoir et j’ai le cœur lourd.
Il y a encore quelques mois tu étais un nom exotique parmi d’autres mais à l’instant même où je t’ai aperçue, j’ai compris que notre rencontre serait différente, l’une de celles qu’on n’attend pas et qui nous bouleversent à jamais.

Tout chez toi m’a plu. J’ai aimé me perdre dans tes ruelles, me fatiguer dans l’ascension de tes collines et de tes escaliers, m’inquiéter des bruits sourds de tes ascenseurs d’antan, transpirer sous les rayons de ton soleil perçant de l’après-midi et frissonner lorsque la brise du large vient te balayer en fin de journée.
Autant mystérieuse que rebelle, tu as su chambouler mes idées reçues, me surprendre et me bouleverser, parfois.
Si toi tu n’es jamais partie, tu t’es enrichie de tous ces voyageurs qui sont passés par chez toi et qui t’ont donné ton métissage et ton ouverture d’esprit. Chez toi, les couleurs se mélangent autant que les courants. Toutes les langues du monde se confondent et se comprennent dans les bars le long de ton port dont les boiseries ont vu défiler tant de cirés, de besaces et de bérets imprégnés d’odeurs d’iode et de fioul.

Si aujourd’hui je pars, je garderai à jamais en moi ton souvenir et enverrai dans tous les cargos du monde une tendre pensée pour toi, au cas où ils viendraient baigner dans tes eaux.

Au revoir Valpo et à bientôt.
 
 

Laisser un commentaire

*
*